mercredi 23 juin 2010

Saint Jean-Baptiste et ses feux


Le 24 juin marque la grande fête de la saint Jean-Baptiste. C’est une fête à la fois liée au cousin du Christ, mais aussi à de nombreux rites et traditions agricoles, développé tout au long des siècles.

Dans le christianisme, Saint Jean le Baptiste, personnage du Nouveau Testament, est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus-Christ, qui l’a baptisé sur les bords du Jourdain, après l’avoir désigné comme « l’agneau de Dieu », et lui avoir donné ses propres disciples. Jean-Baptiste est le précurseur, il annonce le Christ, mais aussi la lumière. Selon les Evangiles Jean-Baptiste est issu d’une famille sénatoriale, fils de Zacharie et d’Elisabeth. La mère est stérile pour montrer la fécondité de Dieu pour son peuple, capable de faire naître un enfant d’une femme stérile. La vie de Jean-Baptiste est connue à travers les Évangiles et les Actes des Apôtres
Saint Jean-Baptiste (1er siècle) est également appelé « le Précurseur » car il annonce la venue du Messie, le Christ, et le précède (Mt 11,13). C’est pourquoi la saint Jean est appelée la Noël d’été, comme Noël c’est aussi une fête de la lumière, et comme Noël elle annonce le Christ à venir.

Le processus de l’annonciation de Jean-Baptiste est comparable à celui de Marie. Sauf qu’ici Elisabeth est stériel, et Zacharie âgé. Le jour de la circoncision de l’enfant, sa mère lui donne le nom de Jean, ce qui signifie « Dieu fait grâce ». L’enfant grandit. Il « demeure dans les déserts » (Lc 1,80). Jean mène une vie d’ermite, ne mangeant que des sauterelles et ne buvant que de l’eau, tout le contraire du Christ qui banquette et fait de grands repas. Les livres bibliques des Evangiles décrivent ensuite le début de son activité de baptiseur au bord du Jourdain – d’où son surnom de « Baptiste ». Les apôtres Pierre et André figurent au nombre de ses disciples. Jean baptise Jésus. Il reconnaît que Jésus est le « Messie » - en grec, le Christ – annoncé par les prophètes lorsque l’Esprit-Saint descend sur lui sous l’apparence corporelle d’une colombe. . Jean promet le baptême par l’eau, c’est un mouvement religieux très différent du judaïsme, il n’est plus centré sur la synagogue mais sur le pardon des péchés.

La tête sur un plateau

Mais Jean est quelqu’un de très houleux, et bien que ne se positionnant uniquement sur le plan spirituel, ses paroles ont des répercussions politiques. En effet la Judée est sous domination romaine, ce qui favorise des ferments de contestation. La population veut revenir aux temps du roi David, la population attend un sauveur qui va la libérer. C’est pourquoi Hérode le fait enfermer dans sa prison, car il a en plus dénoncé l’union incestueuse d’Hérode avec Hérodiade, la femme du frère d’Hérode nommé Philippe. Mais le jour où Hérode célèbre son anniversaire, Salomé, la fille d’Hérodiade danse en public et plaît à Hérode. Ce dernier s’engage par serment à lui donner ce qu’elle désire. Endoctrinée par sa mère, elle demande à ce que lui soit donnée sur un plat la tête de Jean-Baptiste. Hérode est consterné mais il fait décapiter Jean-Baptiste.

Une fête particulière

Fêté le 24 juin (nativité), Jean-Baptiste est le seul des saints dont on fête la nativité sur terre, à l’exemple du Christ et de la Vierge, car pour les autres, la fête rappelle le jour de la mort, autrement dit de la nouvelle naissance au ciel.

C’est une fête qui magnifie la lumière, elle reprend la date de la fête païenne, mais dans un sens totalement différent. C’est un rite lié aux grandes fêtes agricoles, nous sommes en effet avant les moissons. On allume d’immenses bûchers la nuit du 23, des processions ont lieu. Les fiancés passent au-dessus des cendres des feux pour s’assurer une longue longévité. Le culte de saint Jean-Baptiste se développe dès la fin de l’Antiquité, au IVe siècle, autour de son tombeau localisé à Sébaste, en Orient. Le culte s’opère par le biais de la diffusion des reliques, notamment celle de la tête de la Décollation.

Dans les Cévennes les vieilles femmes ramassent des herbes qui sont tressées en croix pour protéger les maisons. On ramasse l’armoise dans le Jura, la fougère dans le Nivernais. On jette aussi des animaux maléfiques dans le feu, comme les serpents et les chats noirs.

Evidemment, comme à chaque fois dans les traditions populaires du christianisme, chaque fête est associée à un plat. La saint Jean-Baptiste ne déroge pas à la règle, avec un gâteau qui porte son nom : le saint Jean-Baptiste, dont nous donnons ici la recette.

Simple, rapide et efficace : en un mot délicieux

6 cuillères à soupe de farine (100 g)
3 cuillères à soupe de sucre (70 g)
1 œuf entier
50 g de beurre
3 ou 4 cuillères à soupe de lait
1 cuillère d’huile
1/2 paquet de levure chimique
Quelques pommes ou rondelles d'ananas

Dans un saladier, faire une fontaine avec la farine,
la levure et le sucre.
Mettre au fond l'œuf que l’on aura battu en omelette.
Puis délayer doucement avec le beurre fondu, le lait et l'huile (la pâte doit être molle).
Mettre dans un moule et recouvrir de pommes pelées coupées en rondelles (1/2 centimètres) et trouées.

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